Le changement climatique n’est plus une abstraction. Il est devenu un facteur de perturbation concret, impactant directement les chaînes d’approvisionnement mondiales. Clémence Charavel, responsable des affaires institutionnelles liées à l’indicateur climat à la Banque de France, souligne la multiplication des événements extrêmes : inondations en Afrique du Sud affectant le port de Durban, canicules en Inde réduisant la production de blé, ou encore les inondations en Europe ayant désorganisé la chaîne d’approvisionnement automobile.
Face à ce constat, la Banque de France propose un outil gratuit de cartographie de l’exposition des entreprises aux aléas climatiques, accessible via l’espace dirigeant. Cet outil, basé sur les projections de Météo France, permet d’évaluer les risques sur chaque site de l’entreprise, selon trois niveaux de réchauffement (2°C, 2,7°C, 4°C) et à différents horizons (2032, 2050, 2100).
Au-delà de la visualisation, un score de criticité est attribué à chaque site en fonction de la gravité des risques, facilitant la priorisation des actions. Un outil simple mais puissant, pensé pour servir de socle commun entre dirigeants, pouvoirs publics et assureurs.
Selon Clémence Charavel, intégrer les risques climatiques dans la stratégie d’achat, de localisation ou de logistique n’est plus un avantage compétitif : c’est une nécessité vitale pour la résilience. Cela pousse à innover, à mieux dialoguer avec les territoires et à bénéficier de soutiens techniques ou financiers pour l’adaptation.
