Le 21 mai dernier s’est tenue une rencontre organisée par Interlud+ et la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, consacrée aux enjeux de la logistique urbaine durable. Parmi les intervenants, Hélène Quèvremont, directrice des affaires techniques, de l’environnement et de l’innovation à l’OTRE (Organisation des Transporteurs Routiers Européens), a partagé sa vision d’une transition énergétique réussie pour le secteur du transport.
Une rencontre constructive entre acteurs publics et privés
Pour Hélène Quèvremont, cette journée fut l’occasion d’un dialogue enrichissant entre collectivités locales et professionnels du transport. « Ce type d’événement permet à chacun de faire avancer les discussions et d’exprimer les réalités du terrain », souligne-t-elle. Plusieurs ateliers thématiques ont permis d’aborder des sujets concrets, avec un objectif partagé : structurer une logistique urbaine plus durable.
L’urgence d’une harmonisation des règles
L’un des points centraux de l’intervention d’Hélène Quèvremont concerne le besoin d’une harmonisation des réglementations entre les territoires. Elle pointe les difficultés rencontrées par les transporteurs face à des règles parfois contradictoires entre deux villes voisines, notamment en matière de ZFE (zones à faibles émissions) ou de zones à trafic limité. « Cela ajoute de la complexité et des contraintes dans un secteur déjà fortement concurrentiel », déplore-t-elle.
Le rapport du CTLud : vers un mix énergétique réaliste
Autre point majeur abordé : le rapport du CTLud (Comité Technique de Liaison des Acteurs Économiques de la Logistique Urbaine), présenté lors de la conférence. Ce comité, créé en 2023, regroupe une trentaine d’organisations professionnelles et œuvre à l’adoption de positions communes face aux défis de la transition énergétique.
Le rapport, qui sera publié début 2025, plaide pour une approche pragmatique : s’appuyer sur l’ensemble des énergies alternatives disponibles – électricité, biogaz, biocarburants (HVO), voire hydrogène – en fonction des besoins et des contraintes du terrain. Le véhicule électrique y est reconnu comme particulièrement adapté à l’urbain, mais reste limité par son coût et son autonomie, notamment pour les poids lourds.
Des recommandations concrètes pour l’avenir
Parmi les propositions phares du CTLud :
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Soutenir un mix énergétique diversifié pour garantir la continuité des services.
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Développer des infrastructures de recharge accessibles en zone urbaine.
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Encourager les collectivités à élaborer des schémas territoriaux d’avitaillement énergétique.
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Intégrer ces enjeux dans les marchés publics, qui représentent à eux seuls 20 % des flux logistiques en ville.
Une transition qui repose sur l’engagement de tous
Si le gouvernement est invité à donner l’impulsion, les collectivités locales ont également un rôle décisif à jouer. La coordination entre les différents niveaux d’acteurs publics et privés est plus que jamais indispensable pour réussir la mutation vers une logistique urbaine plus verte, plus fluide et plus équitable.
