Le groupe Schmidt face aux défis logistiques : entre résilience, innovation et transition écologique

Interview de Jérôme Schellenberger, responsable de l’ingénierie logistique du groupe Schmidt

Dans un contexte marqué par les crises sanitaires, économiques et climatiques, les enjeux logistiques n’ont jamais été aussi cruciaux. Le groupe Schmidt, leader français dans le secteur de l’ameublement et de la cuisine avec ses marques Schmidt, Cuisinella et la récente Spoon & Room, n’a pas échappé aux turbulences. Jérôme Schellenberger, en charge de l’ingénierie logistique, revient sur les défis rencontrés et les transformations opérées au sein du groupe.

Le marché du meuble a connu des soubresauts sans précédent. Après l’effondrement des ventes dû au Covid en 2020, une reprise fulgurante a provoqué des tensions d’approvisionnement majeures. « On avait besoin de matières premières en masse, alors que tous nos concurrents faisaient pression sur les mêmes fournisseurs », explique Jérôme Schellenberger. Cette montée en charge a également mis à l’épreuve les capacités de distribution, à l’origine pensées pour une croissance modérée

Face à ces bouleversements, le groupe a multiplié ses prestataires, combinant fidélité aux partenaires historiques et intégration de nouveaux acteurs. « Cela nous a permis de gagner en agilité tout en sécurisant nos approvisionnements », précise-t-il. Cette stratégie s’est révélée payante lors de la défaillance soudaine d’un transporteur, rapidement compensée grâce à ce réseau élargi.

Modernisation de la chaîne logistique

Côté distribution, Schmidt opère un virage stratégique. Traditionnellement, les meubles étaient chargés en vrac, une méthode lente et exigeante en main-d’œuvre spécialisée. Le groupe mise désormais sur la palettisation, plus rapide, standardisée et fiable. « Cela nous ouvre à un plus grand nombre de transporteurs et améliore la traçabilité des produits », souligne-t-il.

La transition écologique est au cœur des préoccupations du groupe en intégrant désormais des critères RSE dès la phase d’appel d’offres. « Nous devons emmener nos partenaires dans cette démarche de décarbonation », insiste-t-il. Objectif : aligner la logistique du groupe sur les trajectoires carbone des accords de Paris à l’horizon 2030, puis 2050.

Enfin, Jérôme Schellenberger insiste sur l’importance des relations humaines. Au-delà du prix, les partenariats se construisent sur la transparence, l’échange d’informations et la continuité dans le temps. « Si chaque année on remet tout en cause, les mots ne valent rien », conclut-il.