Sécuriser les chaînes d’approvisionnement : l’approche stratégique de Marylène Lombardi directrice achats monde du groupe Hager

Dans un monde industriel en constante mutation, les risques liés à la chaîne d’approvisionnement — qu’ils soient climatiques, géopolitiques ou numériques — sont devenus incontournables. Marylène Lombardi, directrice achats monde du groupe Hager, a instauré une méthodologie rigoureuse de gestion des risques. Pour elle, le risque est la priorité, même avant la création de valeur : sans matière première, il n’y a ni production, ni vente. Elle défend un ratio optimal de 80 % de prévention contre 20 % de réaction, afin d’assurer une chaîne d’approvisionnement résiliente.

Cette approche repose sur l’identification des fournisseurs critiques selon trois critères :

  • l’impact potentiel sur les ventes en cas de rupture,

  • le temps de retour à la normale,

  • la probabilité qu’un incident survienne.

Pour Marylène, une bonne gestion du risque commence par une confiance mutuelle. Elle a personnellement rencontré les partenaires stratégiques, favorisant un dialogue ouvert qui permet d’anticiper les problèmes, y compris ceux remontant à la chaîne d’approvisionnement « upstream ».

Hager adopte une politique ambitieuse en matière de durabilité. Récompensé par la certification Ecovadis Platinum en 2024, le groupe démontre l’importance accordée à la réduction de l’empreinte carbone. Les fournisseurs sont sélectionnés aussi en fonction de leur engagement environnemental, particulièrement sur le Scope 3, couvrant les émissions indirectes liées à la chaîne d’approvisionnement.

La cybersécurité est un autre pilier fondamental. Chez Hager, tout nouveau fournisseur est soumis à une évaluation du risque cyber et à des clauses contractuelles spécifiques. Lorsqu’un incident est survenu, l’entreprise a su démontrer une grande capacité de réaction grâce à une cellule de crise efficace et transverse.

Enfin, Marylène insiste : la gestion des risques ne relève pas que des achats. C’est une affaire d’entreprise, impliquant tous les services — des ingénieurs à la supply chain. Chaque collaborateur peut identifier ou générer un risque, d’où l’importance de la sensibilisation continue.